Lors de son assemblée générale en juillet dernier, le syndicat des Bordeaux et Bordeaux supérieur a adopté la modification du cahier des charges Bordeaux pour définir les contours de la mention Claret (qui se prononce « clarette »). Objectif : proposer un profil de rouge dans les tendances de consommation des vins légers et faciles à boire en toutes occasions.
« Nous devons travailler sur nos profils produits et sur notre communication pour attirer les nouveaux consommateurs, a souligné le président Stéphane Gabard dans son propos introductif. Nous vous présentons aujourd’hui un projet innovant : le dépoussiérage de la mention Claret qui existe dans notre cahier des charges. »
« L’offre des rouges légers, à boire frais, parfois aussi appelés rouges frigo, est en plein boom et la presse s’en fait largement l’écho, a d’abord exposé Stéphanie Sinoquet, directrice du syndicat. Des acteurs majeurs, par exemple Chapoutier ou Gérard Bertrand, sortent des références sur ce segment, ainsi que de nombreux vignerons, en Vin de France comme en AOC. »
Le rouge léger, un produit technique qui demande expertise et équipement
Dans le cadre de la feuille de route stratégique du syndicat et de l’étude du potentiel de nouveaux produits et nouvelles techniques, un groupe d’élus a travaillé sur ces rouges légers, menant de nombreux entretiens avec des viticulteurs et négociants, des distributeurs, ainsi que des consommateurs lors de Bordeaux Fête le Vin.
Plus de 80 rouges légers et à boire frais, de Gironde et d’ailleurs, ont également été dégustés. Il en ressort que le rouge léger est un produit technique qui requiert une expertise et des équipements adaptés et qu’il peut être obtenu par différents itinéraires techniques. « Il n’y a pas de recette type pour atteindre le profil voulu : un rouge souple, peu structuré, fruité, rond, à boire frais (entre 8-10 °C) et qui doit être bon dès la sortie du frigo », a souligné la directrice.
Des premiers retours enthousiastes
Les retours des distributeurs sur le projet d’un cadre de production pour la mention Claret ont été enthousiastes : elle est simple à expliquer, elle constitue une rupture avec l’existant et tous estiment qu’il existe un marché. Pour ses conditions de réussite, ils citent : un profil avec beaucoup de fruit, voire de la sucrosité, un positionnement prix raisonnable entre 4 et 12 euros, un packaging simple et moderne.
Quant aux consommateurs, ils ne connaissent pas encore bien ce segment, notamment en France, mais ils sont intéressés. Les Français ont préféré les jus clairs et une bouteille transparente, tandis que les étrangers ont porté leur choix sur un jus plus foncé et une bouteille verte.
Corinne Vecciato, responsable technique, a présenté les propositions de modification du cahier des charges. « L’objectif de ce profil Claret est d’embarquer de nombreux acteurs, dont le négoce, pour en garantir le succès à la commercialisation. Il faut que ce soit clair pour le consommateur. Il faut raconter une histoire, mais rester simple et se concentrer sur le produit », a-t-elle précisé.
Après l’adoption du projet par l’assemblée générale, le dossier va être déposé et défendu auprès de l’INAO. Le Syndicat espère obtenir sa validation pour la récolte 2025 et un lancement l’année suivante.
| Le point sur les mesures de crise Lors de l’assemblée générale, Stéphane Garbard a fait le point sur les mesures et chantiers ouverts « face à une crise sans précédent » : la réduction de l’offre avec la distillation et l’arrachage sanitaire en cours, les propositions de l’interprofession sur l’évolution de la loi Egalim et les organisations de producteur, l’allègement du cahier des charges (10 mesures votées par la précédente AG qui vont être examinées par l’INAO)… Au vu de la situation économique et malgré le déficit du Syndicat, l’assemblée a validé des cotisations syndicales inchangées, hormis la cotisation promotion Crémant qui passe de 0,54 €/hl à 0,60 €/hl soit + 0,06 €/hl. Le président a également réaffirmé le soutien de la profession aux viticulteurs touchés par les orages de grêle, un nouvel épisode ayant mis à mal des surfaces conséquentes la veille même de l’assemblée. Il a évoqué la petite récolte qui s’annonce à nouveau, après des mois de lutte contre le mildiou. Le marché reste attentiste, mais il veut rester confiant sur un prochain rééquilibrage de l’offre et de la demande et a encouragé les banques et les partenaires à poursuivre leur soutien à la profession. |
Cécile Poursac