Qu’est-ce que le Claret, ce rouge léger à boire frais ?

Le Syndicat des Bordeaux et Bordeaux supérieur apporte des précisions sur le Claret et le projet de mention.

La différence entre Claret et Clairet

Seul un « i » les sépare dans l’écriture, pourtant leurs profils sont bien différents. Le Clairet est un rosé à la robe foncée, produit avec des techniques proches de celles des vins blancs. Les amateurs de Clairet l’apprécient pour sa couleur framboise, sa bouche vineuse, dynamique et acidulée.
Le Claret, quant à lui, a un profil plus proche du vin rouge, mais en version plus légère. Il présente une couleur rubis, une bouche souple et gourmande. Sa potentielle sucrosité en fera un vin plus ample et plus facile d’accès pour les néophytes. Il sera présent dans les rayons ou sur les cartes des vins avec les rouges.

Claret / Clairet, source de confusion ?

En effet, les deux noms sont très proches, issus des racines gasconne « clar » et latine « clarum ». L’histoire a ensuite façonné deux noms avec des destinées et des modes de production différents. Ces mentions ont été utilisées de manière intermittente. Il faut regarder cette proposition sur le long terme. Nous avons ainsi deux cordes à notre arc, et ce sont évidemment les consommateurs qui décideront du succès de l’un ou de l’autre.

Quelle est la différence avec le Bordeaux rouge ?

Le Claret est un vin rouge léger en tannins, qui peut se déguster frais, à la sortie du frigo, contrairement au Bordeaux rouge qui s’apprécie à des températures plus élevées.
Les Bordeaux rouges sont plus tanniques et puissants, avec des couleurs souvent plus intenses. Ces dernières années, le fruit a repris le dessus, et ils sont moins extraits qu’au début des années 2000. Les Bordeaux rouges sont donc plus intenses et longs en bouche que le Claret.

L’édulcoration, un sacrilège ?

L’édulcoration est une technique qui permet d’ajouter du jus de raisin dans le vin afin d’apporter la dose de sucre nécessaire au bon équilibre du vin. C’est la seule technique existante permettant un dosage précis, essentiel car aucun millésime ne se ressemble.
L’édulcoration pourra se faire par moût, moût concentré ou moût concentré rectifié. Elle reste donc naturelle et issue du raisin. L’ajout de sucre sera strictement interdit.

Est-il possible de produire du Claret en attendant la validation de l’INAO ?

Oui, puisque la mention existe déjà, mais pas avec le cahier des charges que nous avons voté, puisque certaines techniques comme l’édulcoration ne sont pas autorisées. Pour produire du Claret avant la publication du nouveau cahier des charges, il faut respecter les conditions actuelles du Bordeaux rouge.

Pourquoi ne pas simplement étendre le cahier des charges Clairet ?

Il existe actuellement des producteurs de Clairet historiques attachés à ce produit et ayant des marchés spécifiques. Il a donc été décidé de faire coexister le Claret et le Clairet, deux produits différents qui seront présents dans des rayons distincts.

Quelles techniques peut-on utiliser ?

De nombreuses techniques sont possibles, par exemple le pressurage direct, la fermentation à basse température, la macération pré-fermentaire à froid, la thermovinification, etc.


Résumé du cahier des charges proposé à l’INAO

  • Définition : Le Claret est un vin rouge à la structure tannique légère et à la couleur peu intense. Il est gourmand, avec des arômes de fruits rouges mûrs, à consommer frais.
  • Valeurs analytiques clés :
    • Sucres fermentescibles : jusqu’à 7 g/l
    • Fermentation malolactique : facultative
    • ICM : 3 – 15
    • IPT : 20 – 50
  • Pratiques œnologiques : Édulcoration par MCR (moût concentré rectifié).
  • Élevage : Aucune durée d’élevage n’est imposée, commercialisation en décembre.
  • Étiquetage : Mention « Claret » obligatoire.
  • Contrôle produit : Un contrôle systématique du produit est requis avant le conditionnement.
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