A l’occasion du Forum du développement durable 2020, le CIVB a lancé l’engagement collectif de la filière du vin de Bordeaux dans la démarche RSE. Une nouvelle étape en faveur du développement durable et ses enjeux environnementaux, économiques et sociétaux, dont chaque acteur du vignoble est invité à s’emparer pour valoriser l’avenir.
La RSE, Responsabilité Sociétale des Entreprises, reste encore un concept un peu flou dans l’esprit du plus grand nombre. Le 11e Forum du développement durable organisé par le Conseil interprofessionnel du Vin de Bordeaux, le 7 février, au Palais des Congrès, s’est efforcé, par la diversité des interventions, de faire saisir les contours de cette démarche globale aux 450 acteurs du vignoble présents.
« Les initiatives du CIVB en matière de développement durable, à commencer par le 1er bilan carbone en 2008, ont été pertinentes, a lancé en introduction Philippe Degrendel, vice-président de la commission technique. La démarche du SME, le système de management environnemental, est un succès, avec 900 entreprises engagées. Il faut maintenant aller plus loin et agir pour promouvoir et renforcer la marque Bordeaux, restaurer la confiance du consommateur. Nous avons tous à cœur de démontrer, pour répondre à certaines caricatures, que la filière avance vite et bien en matière de développement durable. »
L’engagement dans la démarche RSE, inspirée par la norme ISO 26 000, figure en effet dans le Plan Ambition 2025 de la filière. « En cette période difficile, a poursuivi Philippe Degrendel, ce n’est certes pas une priorité de court terme, mais la RSE va justement répondre aux enjeux de demain, par exemple le manque d’attractivité de la filière et l’anticipation des départs à la retraite, ou encore les relations avec les usagers. La RSE, c’est un cadre et des outils que chacun peut mettre à profit. Il faut construire la RSE qui vous ressemble. Le CIVB va vous accompagner dans ce cadre et suggérer des priorités d’action. Notre rôle est de fédérer, de créer l’émulation. La RSE sera la traduction de notre engagement pour une viticulture durable. »
La directrice du Service technique du CIVB, Marie-Catherine Dufour, a ensuite rappelé la prise de conscience environnementale à l’origine de la démarche, citant entre autres l’avancée de 15 jours de la date des vendanges à Saint-émilion en 26 ans. Puis a listé les raisons de s’engager dans la RSE : « améliorer sa compétitivité, se créer de nouvelles opportunités, améliorer sa réputation, mais aussi contribuer à une société durable et équitable, ou encore respecter la loi et anticiper ses évolutions. » Pour la directrice technique, engager collectivement la filière doit permettre notamment de faciliter les démarches des entreprises par la mise en place d’outils communs, d’apporter des réponses aux attentes des consommateurs et de renforcer la marque Bordeaux.
Le Plan Climat des Vins de Bordeaux arrive à échéance et Jeanne-Marie Voigt, chargée de mission au CIVB, a annoncé que le 3e bilan carbone réalisé cette année permettra de définir les nouveaux objectifs et construire le nouveau plan d’actions.
De nombreuses interventions se sont succédé. Alice Riffard, chargée de mission, a détaillé les avancées environnementales permises par le SME. Natalie Ollat et Laure de Rességuier, de l’INRA, ont insisté sur la nécessité de définir des stratégies d’adaptation au changement climatique à l’échelle locale. La directrice du Service marketing du CIVB, Julie Rambaud, a évoqué « la conquête du consommateur de demain ».
Une table ronde réunissant notamment Caroline Boidron, des Apprentis d’Auteuil, et Pierre Cazeneuve, du Château Paloumey, a permis d’évoquer le problème de la pénurie de main-d’œuvre et les pistes pour rendre les métiers de la vigne et du vin plus attractifs dans le cadre de la RSE. Le directeur du CIVB Fabien Bova a annoncé une réflexion en cours avec la Région sur la formation initiale et continue, dans l’esprit de l’Aérocampus Aquitaine.
La responsable RSE du CIVB, Laura Esperandieu, a présenté l’outil de diagnostic élaboré par l’interprofession et testé par un groupe pilote de 28 opérateurs, avant de détaillé le mode d’emploi pour s’inscrire dans la démarche (voir pages suivantes).
« Nous sommes un collectif, et c’est ce collectif qui peut aller plus loin, a conclu le président du CIVB Bernard Farges. En cette période de difficultés économiques, il est primordial de trouver des solutions à court terme, mais ce serait une erreur de ne pas préparer l’avenir. Il faut poursuivre nos efforts pour parvenir à 100 % du vignoble certifié en 2030. le virage écologique nous oblige. Il faut se réinventer, il faut montrer un vignoble en avance, ouvert aux autres. Le CIVB s’engage à vous accompagner, son rôle est de mobiliser tous les acteurs autour des enjeux majeurs pour notre filière. »
■ Cécile Poursac